Chapter 4
Seule dans la Tempête
La logeuse menace d'expulsion. Privée de lumière et d'eau, Naomi puise dans sa détresse pour esquisser un projet de coaching pour femmes, affirmant sa voix intérieure.
Le samedi s’était levé sur Kinshasa avec la promesse lourde d’une météo incertaine, mais pour Naomi, le ciel de sa petite chambre annexe était déjà bas, menaçant. La veille, la séance de sensibilisation organisée pour l’ONG avait rapporté quelques billets, mais loin, très loin, de ce qu’il fallait pour honorer la date butoir du loyer. L’enveloppe maigre dans son sac était une piqûre d’épine : elle offrait un répit éphémère, mais ne comblait pas le gouffre financier.
À seize heures, alors que le soleil commençait à décliner paresseusement derrière les toits de tôles ondulées, Naomi franchit la barrière en tôle de la parcelle. L’odeur familière de la poussière et de la cuisson au charbon flottait dans l’air, mais aujourd’hui, elle lui semblait suffocante. Maman Mapasa, sa logeuse, était là, plantée au milieu de la cour comme une sentinelle implacable. Les bras croisés sur son pagne, le regard fixé sur Naomi, elle attendait.
« Ah, Maman Naomi, enfin vous voilà, » lança Maman Mapasa d’un ton sec, sa voix portant assez loin pour attirer l’attention des voisins qui s’affairaient à leurs occupations, mais dont les oreilles étaient subtilement tendues. « On t'attend depuis le matin. Le bailleur dit que si l'argent n'est pas là ce soir, il faut libérer la chambre lundi. Nous ne sommes pas une œuvre de charité. Une femme seule comme toi, toujours entre les grands diplômes et l’hôpital, si le travail ne donne pas d’argent, pourquoi tu ne retournes pas chez tes parents ? »
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