Chapter 3
L'Érosion des Souvenirs
Mia commence à perdre des fragments de sa mémoire d'assassin. Les souvenirs de l'ancienne propriétaire du corps s'immiscent, créant une dissonance troublante. Zoé s'inquiète de cette transformation.
Le vernis de la réalité venait de se fissurer, révélant une toile de fond bien plus sombre et complexe qu'elles n'auraient jamais pu l'imaginer. Les sœurs assassin, Aiet Akari, se retrouvaient propulsées dans une existence qui n'était pas la leur, un scénario qu'elles avaient déjà vu se dérouler, mais du mauvais côté de l'écran. Elles étaient les personnages secondaires jetables d'un drama meurtrier, des pions sur un échiquier dont elles ignoraient les règles. Leurs compétences, autrefois leur bouclier et leur arme, semblaient désormais dérisoires face à la machination qui les avait englouties.
Aiko, pragmatique et protectrice, avait d'abord abordé cette nouvelle réalité avec une froide logique. Il fallait survivre. Il fallait trouver une faille dans ce système absurde. Mais au fil des jours, une brume insidieuse commençait à s'installer dans les recoins de son esprit. Des fragments de sa vie passée, de ses missions, de son identité d'assassin, s'effritaient, remplacés par des images floues, des émotions étrangères, des bribes de souvenirs appartenant à une autre. La propriétaire originelle de ce corps, celle qui avait vécu et respiré dans ce monde avant qu'elles n'y soient projetées, commençait à laisser son empreinte.
Ce matin-là, le soleil filtrait à travers les rideaux de soie d'une chambre qu'Aiko commençait à reconnaître trop bien. La poussière dansait dans les rayons, illuminant une commode en bois sombre et un miroir orné. Elle se regarda, la silhouette reflétée lui semblant à la fois familière et distante. Ses mains, autrefois si sûres, si précises, hésitèrent un instant en effleurant le tissu de sa robe. Une robe qu'elle n'avait jamais choisie, mais qui lui semblait étrangement confortable.
« Aiko ? »
La voix d'Akari perça le silence. Elle se tenait dans l'embrasure de la porte, son expression