Chapter 1

L'Écho d'un Passé Oublié

Aliana découvre une vieille boîte contenant des lettres cryptiques et une carte. Ces indices suggèrent que sa famille n'a pas disparu mais a été cachée. Une menace imminente la pousse à fuir.

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La poussière dansait dans les rares rayons de soleil qui perçaient les volets clos du grenier, révélant des trésors oubliés et des souvenirs figés dans le temps. C'était mon refuge, mon sanctuaire depuis que j'avais perdu mes parents, puis ma tante qui m'avait élevée, me laissant seule face à un monde qui semblait soudainement trop vaste et trop indifférent. Aujourd'hui, une force irrésistible m'avait poussée dans cet endroit que je connaissais par cœur, mais où je n'avais pas mis les pieds depuis des mois. Mes doigts effleurèrent une vieille malle en bois, sa surface râpée sous ma paume. Elle appartenait à ma mère, je le savais. Il y avait quelque chose dans sa forme, dans la façon dont le cuir vieilli s'était craquelé, qui me rappelait son sourire doux.

L'ouvrir fut une entreprise laborieuse. La serrure, rouillée, résista d'abord, puis céda avec un grincement plaintif, comme si elle se réveillait d'un long sommeil. À l'intérieur, l'odeur du papier jauni se mêlait à celle de la lavande séchée, un parfum familier qui me serra le cœur. Des lettres, empilées avec soin, formaient un petit tas sur la toile cirée qui tapissait le fond. Elles étaient écrites dans une langue que je ne reconnaissais pas immédiatement, des symboles étranges qui dansaient sur la page. Ma mère était une femme de mystères, j'avais toujours su cela. Elle aimait les énigmes, les jeux de mots, mais ceci… ceci était différent. Ce n'était pas un jeu.

Près des lettres, une carte. Pas une carte du monde, ni même d'un pays. C'était une carte stellaire, d'une précision déconcertante, avec des constellations que je n'avais jamais vues dans aucun atlas. Des points lumineux, marqués de symboles inconnus, étaient reliés par des lignes fines comme des fils d'argent. Une note manuscrite, dans une écriture plus familière, celle de ma mère, était attachée à un coin de la carte : "Là où les étoiles murmurent, la vérité attend."

Mon cœur battit la chamade. La vérité. La vérité sur leur disparition. Depuis des années, je cherchais désespérément des réponses. On m'avait dit qu'ils étaient morts dans un accident, un accident tragique et soudain. Mais quelque chose en moi n'avait jamais accepté cette version. Le vide qu'ils avaient laissé était trop grand, trop silencieux. Et ces lettres, cette carte… elles suggéraient autre chose. Pas une disparition, mais une dissimulation. Une fuite.

Je pris une des lettres, la dépliai avec précaution. Les symboles étaient complexes, entrelacés, formant des motifs hypnotiques. Je ne comprenais rien, mais je sentais une énergie sourdre de ces pages, une vibration subtile qui résonnait en moi. Une sorte d'écho lointain, comme une mélodie oubliée qui refaisait surface. C'était là que résidait le mystère de ma famille, je le sentais. Ce n'était pas une simple disparition ; c'était une évasion, délibérée et planifiée.

Soudain, un bruit. Un bruit sec, venu d'en bas. Le craquement d'une branche sous un poids inattendu. Mon sang se glaça. J'étais seule dans la maison, il n'y avait personne. Les volets étaient clos, le grenier était silencieux. Ce n'était pas le vent. Ce n'était pas un animal. C'était un pas. Un pas lourd, délibéré.

Je me levai d'un bond, le cœur battant à tout rompre. La boîte, les lettres, la carte… je les fourrai précipitamment dans mon sac à dos, mon sac de voyage, celui que je gardais toujours prêt. La panique me submergea, une vague froide qui me glaça les entrailles. Ils étaient là. Ceux qui avaient effacé ma famille de la surface de la terre. Ils étaient venus me chercher.

Je me précipitai vers la petite fenêtre du grenier, celle qui donnait sur le jardin arrière. Les volets étaient lourds, mais dans ma hâte, je parvins à les entrouvrir juste assez pour jeter un coup d'œil. Deux silhouettes sombres se tenaient près de la porte arrière, immobiles, comme des statues de pierre sous la lumière déclinante. Elles étaient grandes, imposantes, leurs visages dissimulés dans l'ombre de leurs chapeaux. Mon instinct me hurla de fuir.

Je reculai, cherchant une issue. La trappe par laquelle j'étais montée était la seule sortie. Je la refermai doucement, priant pour que le bruit ne les alerte pas. Le grenier n'était qu'une impasse. Il fallait que je sorte de la maison, que je me cache.

Les pas se firent plus proches, résonnant dans le silence de la maison. Ils montaient l'escalier. Lentement, méthodiquement. Chaque marche qui craquait était un coup de marteau sur mes nerfs. Je me faufilai vers la trappe, mon sac pesant sur mon dos. Il fallait que je sois rapide, silencieuse.

J'atteignis la trappe, la soulevai à peine. L'air frais du dehors me parvint, porteur de l'odeur des pins et de la terre humide. J'espérais pouvoir descendre sans bruit, me glisser dans les bois qui entouraient la propriété. Mais le destin, il faut croire, avait d'autres plans.

Au moment où ma tête émergea de l'ouverture, une main puissante s'empara de ma cheville. Un cri m'échappa, un son étranglé de pure terreur. Je me débattis avec la force du désespoir, donnant des coups de pied dans le vide, mais sa prise était d'acier. Il me tira vers lui, me faisant basculer hors de la trappe, me jetant maladroitement sur le plancher poussiéreux du grenier.

Je levai les yeux, le souffle coupé. Ce n'était pas l'une des silhouettes sombres qui m'avait attrapée. C'était un homme. Un homme d'une beauté frappante, mais dont le regard était dur, impénétrable. Il était grand, musclé, vêtu de tissus sombres qui semblaient absorber la lumière. Ses yeux, d'un bleu profond, me fixaient avec une intensité qui me fit rougir malgré ma peur. Il tenait ma cheville fermement, mais sans la blesser.

Derrière lui, les deux silhouettes sombres étaient apparues, leurs visages toujours dissimulés. L'une d'elles s'approcha, une arme à la main. Un pistolet.

« Lâche-la, Kalisto, » dit l'une des silhouettes d'une voix rauque, presque déformée.

Kalisto. Son nom. Il me regarda, puis les silhouettes. Une lueur de surprise traversa ses yeux, une expression fugace qui se mua aussitôt en une froide détermination. Il relâcha ma cheville, mais se plaça entre moi et les assaillants.

« Elle ne vient pas avec vous, » dit-il d'une voix grave, résonnant dans le silence du grenier.

La surprise sur son visage… elle n'était pas seulement due à l'intrusion. Il y avait autre chose. Quelque chose dans sa façon de me regarder avant de se retourner, comme s'il avait reconnu une présence inattendue. Une signature invisible qui avait traversé les années, les silences, les mensonges.

« Ne te mêle pas de ce qui ne te regarde pas, Xylaner, » répliqua l'autre silhouette, sa voix empreinte d'une menace à peine voilée.

Xylaner. Ce mot résonna en moi comme un coup de tonnerre. Je ne savais pas ce que cela signifiait, mais le ton de la silhouette indiquait clairement que c'était quelque chose d'important, quelque chose qui distinguait Kalisto. Et sa réaction… sa surprise lorsqu'il avait senti mon lien, ou plutôt, ce lien qui nous unissait…

« Ce qui me regarde, c'est cette jeune femme, » rétorqua Kalisto, sa voix gagnant en fermeté. « Et elle ne sera pas votre jouet. »

Il se tourna vers moi, son regard balayant mon visage, puis s'attardant sur mon sac à dos. Il avait senti quelque chose, j'en étais certaine. Pas seulement la peur qui émanait de moi, mais cette connexion étrange, cette résonance qui avait jailli du plus profond de mon être lorsque nos regards s'étaient croisés pour la première fois.

« Tu dois partir, » dit-il, son ton devenant plus doux, presque intime. « Maintenant. »

Il me tendit une main. Je la regardai, hésitante. Mon passé était fait de trahisons, de pertes. Cette attirance que je ressentais pour lui, cette force qui semblait m'attirer à lui comme un aimant, était effrayante. Mais son regard… il y avait une promesse de protection, une étincelle de compréhension qui me manquait depuis si longtemps.

Les silhouettes avançaient, leurs armes levées. Le temps pressait. Je pris une profonde inspiration, le parfum de la lavande et du papier ancien emplissant mes poumons. Ce n'était pas seulement une fuite, c'était une quête. Une quête de vérité, de famille, et peut-être, juste peut-être, d'une connexion qui transcendait les étoiles.

Je tendis ma main vers la sienne. Son contact fut comme une décharge électrique, une chaleur douce qui se répandit dans mes veines. Il me tira vers lui, puis vers l'ouverture de la trappe.

« Ne regarde pas en arrière, » murmura-t-il.

Et ensemble, nous nous jetâmes dans l'inconnu. Le monde extérieur nous accueillit avec la fraîcheur du soir. Les bois étaient sombres, mais la présence de Kalisto à mes côtés dissipait une partie de la peur. Je sentais sa force, sa détermination. Et au-delà de cela, ce lien ténu, invisible, qui commençait à se tisser entre nous, un fil d'or dans la nuit naissante. L'écho d'un passé oublié commençait enfin à murmurer son nom.

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