Chapter 5

Portrait d'une Terreur

Sa description varie : un lapin infernal aux griffes acérées, une colonne tordue, un rire strident. Ses dents sont longues, ses yeux blancs. Il se déplace sans bruit, une silhouette haute et glaçante.

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La description du Coelhudo variait, se métamorphosant au gré des murmures effrayés et des cauchemars partagés. Certains le décrivaient comme un lapin échappé des abysses, ses oreilles pointues effilochées comme des drapeaux de désespoir, sa colonne vertébrale arque-boutée dans une contorsion impossible, comme si le poids du mal l'avait courbé à jamais. Ses griffes, disait-on, raclaient le sol avec un bruit insupportable, une symphonie discordante de terreur qui glaçait le sang avant même que l'on ne voie son ombre. D'autres encore insistaient sur son rire, un son aigu et fin, comme le craquement d'une branche gelée, capable de faire trembler la moelle épinière. Ses crocs, longs et acérés, étaient toujours révélés dans un sourire qui n'avait rien de joyeux, mais tout d'une promesse d'effroi. Et ses yeux… ah, ses yeux étaient blancs, vides, comme deux billes de craie dans une nuit sans lune, fixant le vide, ou peut-être… fixant vous. Ses pattes, étrangement silencieuses, effleuraient le sol sans un bruit, le rendant d'autant plus insaisissable, d'autant plus terrifiant.

Mais tous s'accordaient sur un point : sa taille. Il était grand, plus grand qu'un homme ordinaire, mais pas un géant pour autant. Une silhouette imposante, une ombre qui semblait absorber la lumière, une présence qui emplissait l'espace d'une froideur surnaturelle. Il se tenait là, dans l'obscurité, une anomalie dressée contre le familier, un cauchemar ambulant surgi des recoins les plus sombres de l'imagination collective.

Dans la grande maison aux volets toujours clos lors des soirées de fête, la famille vivait dans une vigilance silencieuse. Le soleil se couchait, peignant le ciel de Los Angeles de teintes orangées et pourpres, annonçant l'arrivée de la nuit et, avec elle, le spectre du Coelhudo. Le dîner était un repas hâtif, presque silencieux, les conversations étouffées par la crainte qui planait. Les enfants, autrefois si pleins de vie et de rires, étaient maintenant des petits êtres anxieux, leurs regards fuyant vers les fenêtres sombres, comme s'ils pouvaient y deviner une forme se faufilant dans l'ombre.

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