Chapter 3

Éclats de Pouvoir et de Sentiments

Haru, surpris par la question de Lili, devient aussi timide, car il éprouve des sentiments secrets pour elle. Le dessin de Lili le fait rougir. L'atmosphère est chargée d'émotions non dites et de magie incontrôlée.

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Le soleil de l'après-midi filtrait à travers les grands vitraux de l'école de magie, projetant des éclats de lumière multicolores sur le sol de la cour. Lili, assise sur un banc de pierre rugueuse, le cœur battant la chamade, observait Haru de loin. Ses doigts fins effleuraient la page de son carnet, esquissant avec une concentration qui fascinait Lili. À ses côtés, Chloe, toujours aussi exubérante, remuait son jus de fruit avec une paille, tandis que Lisa, l'incarnation même de l'organisation, pliait méticuleusement sa serviette en papier.

« Regarde Haru là-bas », lança Chloe, un sourire malicieux aux lèvres, son regard pétillant d'une envie à peine dissimulée. Haru, le nouveau venu dans leur prestigieuse école de magie, était un mystère. Il détonait dans ce monde de sorts et de potions, sa seule arme étant son crayon, ses seuls pouvoirs, ceux qu'il distillait sur le papier.

Lisa, d'un geste doux, poussa légèrement le bras de Lili. « Tu ne veux pas aller lui parler ? »

Lili sentit une vague de chaleur monter à ses joues. « Non, je… je ne peux pas », bredouilla-t-elle, ses yeux rivés sur le dos de Haru. L'idée de s'approcher de lui, d'interrompre sa bulle créative, lui semblait une entreprise herculéenne.

« Mais si, vas-y Lili ! », insista Chloe, son ton plein d'encouragement. « L'occasion fait le larron, ou plutôt, le dessinateur ! »

Prenant une profonde inspiration, Lili rassembla le peu de courage qu'elle possédait. Chaque pas la rapprochait de lui, et avec chaque pas, son cœur semblait vouloir s'échapper de sa poitrine. Elle s'arrêta à quelques pas, hésitante, le son de son propre souffle lui paraissant assourdissant.

« Salut Haru », réussit-elle à articuler, sa voix plus faible qu'elle ne l'aurait souhaité.

Haru leva les yeux, un léger froncement de sourcils se dissipant aussitôt en un sourire doux. « Salut Lili. Ça va ? »

« Ça va, oui. Je… est-ce que je peux rester ici un moment ? »

« Bien sûr, assieds-toi. » Il lui désigna la place libre à ses côtés.

Lili s'exécuta, s'asseyant avec une délicatesse qui trahissait son anxiété. Elle jeta un coup d'œil furtif au carnet ouvert. « Je… je peux voir ton dessin ? »

Haru hésita une fraction de seconde, puis acquiesça. « Oui, bien sûr. »

Alors que Lili se penchait pour observer son œuvre, une sensation familière et incontrôlable la submergea : la timidité. Une timidité si puissante qu'elle semblait faire vibrer l'air autour d'elle. Ses pouvoirs, toujours capricieux lorsqu'elle était submergée par l'émotion, commencèrent à s'agiter. Une rafale de vent soudaine et inattendue balaya la cour, faisant voler quelques feuilles mortes et soulevant les cheveux de Lili.

Elle ignora le tumulte extérieur, concentrée sur le dessin. Haru esquissait un paysage onirique, peuplé d'arbres aux formes étranges et de montagnes aux sommets enneigés. Mais son regard fut attiré par une autre page, plus loin dans le carnet. Un visage. Un visage qu'elle connaissait par cœur. Son propre visage.

Ses yeux s'écarquillèrent, une question muette se formant sur ses lèvres. « Qu'est-ce que c'est que ce dessin-là ? » demanda-t-elle, sa voix empreinte d'une surprise mêlée d'une pointe de confusion.

Haru, en entendant sa question, devint visiblement mal à l'aise. Ses joues prirent une teinte rosée, un secret qu'il gardait jalousement enfoui se révélant malgré lui. Il aimait Lili. Il l'aimait d'un amour silencieux et profond, qu'il exprimait à travers ses croquis, capturant la lumière dans ses yeux, la courbe de son sourire, la façon dont elle se mordait la lèvre inférieure lorsqu'elle était pensive. Il n'avait jamais osé lui avouer ses sentiments, craignant leur réaction, craignant de briser la fragile harmonie qui s'était installée entre eux.

« Oh, ça… », murmura-t-il, sa voix un peu rauque. Il ferma le carnet d'un geste rapide, mais pas assez pour cacher le dessin à Lili. « C'est… juste un croquis. »

Lili sentit une autre vague de timidité la submerger, cette fois amplifiée par la réaction de Haru. Le vent reprit de plus belle, un tourbillon de feuilles s'enroulant autour d'eux. Les instruments de musique des élèves de l'orchestre voisin se mirent à vibrer de manière discordante, et une fontaine d'eau, jusque-là paisible, se mit à jaillir avec une force inhabituelle.

« Tes pouvoirs… ils sont… », commença Haru, le regard fixé sur les feuilles tourbillonnantes.

« Je sais, je sais », soupira Lili, se recroquevillant légèrement. « Ils sont incontrôlables quand je suis… émotive. Et je crois que tu me rends… très émotive. » Elle osa un regard vers lui, son cœur serré par l'incertitude. Était-ce une bonne chose ou une mauvaise chose ? Ses pouvoirs étaient une partie d'elle, mais ils la faisaient se sentir différente, imparfaite. Haru, lui, semblait si parfait, si maître de lui.

Haru la regarda, son regard empreint d'une douceur infinie. Il tendit une main hésitante vers elle, mais la retira aussitôt, craignant de la mettre plus mal à l'aise. « Je trouve ça… magnifique », dit-il finalement, sa voix retrouvant un peu de sa fermeté. « Cette énergie, cette vie qui émane de toi. Même quand elle est… un peu turbulente. »

Lili fut surprise par ses mots. Personne ne lui avait jamais dit cela. La plupart des gens la regardaient avec inquiétude, parfois même avec peur, lorsqu'elle perdait le contrôle. Haru, lui, semblait y voir une beauté, une force.

« Vraiment ? », murmura-t-elle, un mince espoir naissant dans son cœur.

« La magie, c'est une partie de toi, Lili. Et tout ce qui fait partie de toi est beau. » Il la regarda droit dans les yeux, et pour la première fois, Lili sentit qu'il la voyait vraiment, au-delà de ses doutes et de ses insécurités.

Le vent commença à se calmer, les bruits discordants s'estompèrent. L'atmosphère autour d'eux devint plus sereine, chargée d'une nouvelle tendresse. Lili osa un petit sourire. « Et tes dessins ? Ils sont magnifiques aussi. »

Haru rougit légèrement, mais cette fois, c'était un rougissement de plaisir, pas de gêne. « Merci. »

« Surtout celui de… moi. Il est… très réaliste. » Elle ne put s'empêcher de taquiner.

Haru sourit. « J'essaie de capturer ce que je vois. Et ce que je vois, c'est quelqu'un de spécial. »

Le cœur de Lili fit un bond. Était-ce ce qu'elle pensait ? Était-ce une invitation ? Elle se rappela les paroles de sa meilleure amie, Elara, toujours si sage et perspicace. « Les mots sont importants, Lili. Mais parfois, les silences en disent plus long. Et les dessins, eux, peuvent raconter des histoires entières. »

Elle regarda Haru, son regard sincère, son sourire doux. Il y avait tant de choses dans ses yeux, tant de choses qu'elle voulait comprendre. Elle se rappela également les avertissements de son oncle, Mr. Tanaka, un homme bien intentionné mais ancré dans des traditions rigides. Il avait toujours insisté sur la stabilité, sur la raison, sur des mariages arrangés qui assuraient un avenir sûr. Il voyait en Haru, un artiste sans le moindre pouvoir magique, un risque, une distraction.

« Tu sais, Haru », commença Lili, sa voix plus assurée, « j'ai toujours rêvé d'une histoire d'amour comme dans les contes. Une histoire où les cœurs se comprennent sans qu'il soit besoin de mots, où les âmes s'attirent comme des aimants. »

Haru la regarda, attentif. « Et tu crois que c'est possible ? »

« Je crois que les contes commencent souvent par un regard. Par un dessin. Par un moment magique, même s'il vient avec un peu de vent. » Elle se pencha et, avec une audace nouvelle, effleura le dos de sa main posée sur le carnet.

Un frisson parcourut le corps de Haru. Il ne retira pas sa main. Au contraire, il laissa ses doigts se superposer aux siens, un contact timide mais chargé d'une promesse tacite. Le soleil, comme pour approuver leur rapprochement, sembla briller un peu plus fort.

« Tes contes… ils ont l'air d'être magnifiques », murmura Haru, son regard ne quittant pas celui de Lili. « Et j'aimerais beaucoup en faire partie. »

Lili sentit une joie pure et intense l'envahir. Ses doutes, ses insécurités, tout semblait s'évaporer dans la chaleur de ce moment. Elle avait peur, oui, toujours un peu. Mais elle avait aussi une foi nouvelle, une foi en ce qu'elle ressentait, une foi en Haru.

« Moi aussi », répondit-elle, sa voix empreinte d'une émotion nouvelle. « J'aimerais beaucoup que nous commencions à écrire notre histoire. Ensemble. »

Haru sourit, un sourire qui illumina son visage. Il prit délicatement la main de Lili dans la sienne, entrelacant leurs doigts. Leurs mains se correspondaient parfaitement. Les pouvoirs de Lili étaient toujours là, dansant sous sa peau, mais ils ne semblaient plus menaçants. Ils étaient une partie de la magie de leur rencontre, une magie authentique et profonde qui venait de naître.

Au loin, Chloe et Lisa observaient le rapprochement de leurs amis avec des sourires complices. Le vent, comme apaisé par la douceur qui flottait entre Lili et Haru, se contentait désormais d'un léger murmure, caressant les feuilles des arbres. La cour de l'école de magie semblait retenir son souffle, témoin silencieux du début d'une histoire qui s'annonçait aussi belle que les rêves de Lili, et aussi sincère que les dessins de Haru.

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