Chapter 2

Un Dessin Révélateur

Lili demande à Haru s'il peut s'asseoir près de lui et voir ses dessins. Son cœur bat la chamade, provoquant une légère tempête incontrôlable. Elle découvre alors un portrait d'elle-même dans son carnet.

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Le vent s'était levé, un soupir inattendu qui caressa les joues de Lili comme une caresse timide. Ses amies, Chloe et Lisa, la regardaient, un sourire complice aux lèvres, tandis qu'elle s'approchait d'Haru. Le nouvel élève de l'école de magie, celui dont le regard savait capturer les nuances les plus subtiles de l'existence, était plongé dans son monde, un crayon dans la main, un carnet ouvert devant lui. Lili sentait son cœur battre la chamade, un rythme effréné qui résonnait dans ses oreilles, déguisant presque le murmure du vent qui s'intensifiait.

« Salut Haru », murmura-t-elle, sa voix s'effaçant presque dans le bruissement des feuilles des arbres alentour.

Haru leva les yeux, un éclair de surprise dans son regard calme, puis un sourire doux remplaça sa concentration. « Salut Lili, ça va ? »

« Ça va, oui », répondit-elle, une chaleur agréable se répandant en elle. « Je… je peux rester un peu ici ? »

« Bien sûr, assieds-toi », dit-il, déplaçant légèrement son sac pour lui faire de la place.

Lili s'assit, le tissu de sa jupe froissant doucement sur le banc. L'air autour d'eux semblait s'être épaissi, chargé d'une tension douce et électrique, un peu comme avant un orage, mais sans la menace. Elle jeta un coup d'œil furtif à Haru, puis à son carnet.

« Je… je peux voir ton dessin ? » demanda-t-elle, la timidité lui nouant la gorge.

Haru hésita un instant, puis acquiesça. « Oui, bien sûr. »

Alors qu'il tournait la page, Lili sentit une nouvelle vague de chaleur monter en elle, une sorte de fièvre douce qui lui donnait le vertige. Elle avait toujours été ainsi, sensible aux émotions, et aujourd'hui, la présence d'Haru, son sourire, sa gentillesse, tout cela la submergeait. C'était ce qui se passait lorsqu'elle était submergée par ses sentiments : une légère perturbation dans le flux de ses pouvoirs, une brise qui pouvait s'élever en rafale.

Et cette fois, la brise se transforma en un vent plus fort, un tourbillon léger qui fit danser les mèches de cheveux de Lili autour de son visage. Elle ne s'en rendit pas compte tout de suite, trop absorbée par les croquis d'Haru. Il y avait des paysages, des esquisses de mains élégantes, le profil d'un chat endormi. Puis, elle tomba sur une page qui la fit s'arrêter net. Un dessin, d'une finesse remarquable, représentait son propre visage.

Ses yeux s'écarquillèrent. C'était elle, capturée dans un moment où elle était absorbée par la lecture, le regard perdu dans les pages d'un livre. Haru avait réussi à saisir la courbe de ses lèvres, la légère inclinaison de sa tête, l'étincelle rêveuse dans ses yeux. C'était… parfait.

« Qu'est-ce que c'est que ce dessin ? » demanda-t-elle, sa voix empreinte d'une surprise mêlée d'une émotion qu'elle ne parvenait pas à nommer.

Haru se figea. Son visage s'empourpra légèrement, ses yeux cherchant une échappatoire dans le ciel bleu. Il avait été pris au dépourvu. Il la regardait, la voyait, et dessinait ce qu'il voyait. Mais il n'avait jamais imaginé qu'elle le découvrirait si tôt, ni qu'elle réagirait ainsi. Pour lui, ces dessins étaient des moments précieux, des fragments de temps qu'il souhaitait conserver. Et Lili était devenue la plus belle inspiration de son carnet.

« C'est… c'est toi », répondit-il enfin, sa voix basse, presque un murmure. « Je… j'aime bien te dessiner. »

Lili sentit son cœur faire un bond. Il aimait la dessiner. C'était… c'était une confession silencieuse, une déclaration d'intérêt qui la fit rougir à son tour. Le vent, qui s'était légèrement calmé, se remit à souffler, plus fort cette fois, comme pour accompagner l'émotion qui montait en elle. Des feuilles tombèrent des arbres, tourbillonnant autour d'eux dans une danse joyeuse et inattendue.

« Moi aussi », dit Lili, sa voix tremblant légèrement. « J'aime bien… te regarder. »

Un silence s'installa entre eux, un silence doux, rempli de signifiés non dits. Haru la regarda, et dans ses yeux, Lili vit une profondeur qu'elle n'avait jamais perçue auparavant. Il ne s'agissait plus seulement d'un garçon nouveau à l'école, ni d'un camarade de classe. C'était quelqu'un qui la voyait, vraiment, et qui semblait apprécier ce qu'il voyait.

« Tu as beaucoup de talent, Haru », reprit Lili, essayant de retrouver un peu de son assurance. « Tes dessins sont magnifiques. »

« Merci », répondit Haru, son regard toujours fixé sur elle. « J'ai l'impression que tu comprends. Que tu vois les choses… comme moi. »

Lili sourit. C'était exactement ça. Elle avait toujours eu l'impression d'être un peu différente, de percevoir le monde avec une sensibilité accrue, une sorte de magie intérieure qu'elle ne maîtrisait pas toujours. Et Haru semblait partager cette perception, cette manière de voir la beauté dans les détails, dans les émotions.

Le vent s'intensifia encore. Des bourrasques plus fortes secouèrent les branches des arbres, faisant voler des feuilles dans toutes les directions. Les élèves autour d'eux se retournèrent, surpris par ce changement soudain de temps, mais Lili et Haru semblaient être dans leur propre bulle, protégés par l'intensité de leur échange.

« Je… je ne savais pas que tu dessinais », dit Lili. « Tu devrais montrer tes dessins à plus de monde. »

Haru secoua la tête. « Je préfère les garder pour moi. Pour l'instant. »

Lili comprit. Il y avait une intimité dans son art, une vulnérabilité qu'il ne souhaitait pas exposer au monde entier. Et elle, elle venait de découvrir un de ses secrets les plus précieux. Elle ressentait une connexion nouvelle avec lui, une compréhension mutuelle qui dépassait les mots.

Elle se pencha un peu plus près de son carnet, ses doigts effleurant presque les bords des pages. « Tu as beaucoup de dessins de moi ? » demanda-t-elle, la curiosité l'emportant sur sa timidité.

Haru hésita, puis tourna quelques pages. Il y en avait d'autres. Lili marchant dans le couloir, Lili riant avec Chloe et Lisa, Lili assise seule sous un arbre, songeuse. Chaque dessin était une capture d'un instant, d'une émotion. Il y avait une tendresse infinie dans la façon dont il avait rendu ses expressions.

« Je… je ne voulais pas te faire peur », dit Haru, voyant l'étonnement sur son visage. « C'est juste que… tu es souvent dans mes pensées. »

Les mots le firent rougir encore plus, et Lili se sentit devenir aussi écarlate que les feuilles qui tombaient autour d'eux. Il était dans ses pensées. Il la dessinait parce qu'elle était dans ses pensées. Le vent sembla s'apaiser, caressant leurs visages comme une bénédiction.

Soudain, une voix résonna, coupant court à la douceur de l'instant. « Lili ! Haru ! Vous voilà ! »

C'était Chloe, qui s'approchait, un grand sourire aux lèvres, suivie de Lisa. Le tumulte du monde extérieur avait enfin pénétré leur bulle. Le vent s'était calmé presque complètement, ne laissant qu'une légère brise qui transportait l'odeur des feuilles mouillées.

Lili se redressa, le cœur encore palpitant, un mélange d'excitation et de légère déception de voir cet instant suspendu s'achever. Elle jeta un coup d'œil à Haru, qui lui rendit son regard, un sourire timide aux lèvres.

« On se demandait où vous étiez », dit Lisa, s'asseyant à côté de Lili. « Vous avez l'air bien occupés. »

« On… on regardait les dessins d'Haru », répondit Lili, essayant de garder son calme.

Chloe jeta un coup d'œil au carnet, ses yeux s'illuminant. « Oh, ils sont magnifiques ! Tu dessines incroyablement bien, Haru ! »

Haru rougit à nouveau, mais cette fois, il semblait plus à l'aise, soutenu par l'enthousiasme de Chloe. Lili les regardait, un sentiment de joie profonde l'envahissant. C'était le début de quelque chose. Elle le sentait. La timidité avait failli la submerger, ses pouvoirs avaient failli s'agiter de manière incontrôlable, mais elle avait trouvé le courage de rester, d'explorer, et elle avait découvert un trésor insoupçonné.

Elle regarda Haru, et il lui sourit. Ce n'était plus juste un dessin dans un carnet. C'était un regard échangé, un espoir naissant, une promesse silencieuse dans le murmure du vent qui s'était enfin calmé, laissant place à la douce quiétude de l'après-midi. Leurs chemins s'étaient croisés, et quelque chose de merveilleux était en train de fleurir. Un dessin révélateur, oui, mais plus encore, une connexion révélée.

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