Chapter 15
Les Portes du Manoir
Arrivés au manoir, les portes massives sont grinçantes et impressionnantes. L'atmosphère est encore plus mystérieuse. Heloá repère une gravure inhabituelle sur le portail.
Les portes massives du manoir se dressaient devant Heloá et Pedro, d'imposantes sentinelles de fer forgé, rouillées par le temps et les pluies d'innombrables saisons. Elles semblaient avoir été forgées dans les entrailles mêmes de la terre, leur noirceur contrastant violemment avec le ciel pâle d'un après-midi d'automne. Un grincement lugubre, comme un gémissement ancestral, s'échappa des gonds lorsqu'un léger courant d'air s'engouffra entre les barreaux, soulevant un nuage de poussière ocre qui dansa un instant avant de retomber sur le chemin envahi par les mauvaises herbes. L'air lui-même semblait plus lourd ici, imprégné d'une mélancolie palpable, d'un silence qui criait les histoires tues des anciens occupants.
Heloá, sa petite silhouette contrastant avec la grandeur du lieu, serra sa loupe contre ses yeux. Ses cheveux bouclés, habituellement si pleins de vie, semblaient se faire plus sombres sous l'ombre menaçante des arbres décharnés qui encerclaient la propriété. Elle portait sa tenue habituelle : son chemisier rose bébé avec son volant délicat à la manche, son short en jean, ses collants, et ses ballerines japonaises, qui semblaient bien fragiles face à ce décor austère. Mais la fragilité n'était qu'une apparence ; dans son regard d'enfant, une détermination d'acier brûlait.
« C'est… c'est encore plus grand que dans mes dessins, Pedro », murmura-t-elle, sa voix à peine audible, comme si elle craignait de déranger le sommeil de ce lieu.
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