Chapter 7
Racines Profondes
Dubois confie à Élodie une part de son passé, une blessure secrète liée à une passion réprimée. Elle perçoit sa vulnérabilité, le lien se renforce au-delà des affaires.
Les lumières de la ville, d'ordinaire des étoiles froides et distantes dans le ciel de verre de son bureau, semblaient aujourd'hui moins lointaines, moins impassibles. Monsieur Dubois, l'architecte de cette verticalité de béton et d'acier, se tenait là, le regard perdu dans le kaléidoscope urbain. Il ne cherchait pas les chiffres, ni les stratégies, ni les courbes ascendantes de ses bilans. Il cherchait autre chose, quelque chose qui avait le parfum des herbes fraîches et le son d'un rire franc.
Élodie. Le nom résonnait en lui, non comme un écho de rivalité, mais comme une mélodie douce et inattendue dans le silence calculé de sa vie. Il avait passé des années à ériger des murs, à polir sa façade, à se convaincre que l'efficacité était la seule vertu digne d'intérêt. Et puis, cette jeune femme, avec son tablier taché de farine et ses yeux vifs comme des braises, avait surgi, défiant son monde d'un simple coup de poêle.
La veille, dans le tumulte feutré de son restaurant, un incident anodin avait ouvert une brèche dans son armure. Un plat renversé, une serviette volée, une explosion de rire partagé qui avait déstabilisé son équilibre parfait. Il avait vu, au-delà de la colère fulgurante, une lueur de surprise, puis une douceur fugace dans les yeux d'Élodie. Et elle, elle avait perçu, dans le rictus forcé de Monsieur Dubois, une absence, un vide qu'elle ne parvenait pas à nommer mais qu'elle ressentait comme une vibration sourde.
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