Chapter 4

L'Arrivée d'une Allié

Inquiète pour Clara, Léa décide de la rejoindre au manoir. Son pragmatisme contraste avec la peur grandissante de Clara. Ensemble, elles sentent que les événements ne sont pas aléatoires, mais liés à une histoire ancienne.

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L'air était lourd, chargé d'une humidité glaciale qui semblait s'infiltrer jusque dans mes os. Chaque craquement du parquet sous mes pieds résonnait dans le silence oppressant, amplifiant le battement de mon cœur contre mes côtes. La première nuit avait été un tourbillon d'ombres mouvantes et de murmures indistincts, une symphonie discordante orchestrée par la peur. J'avais tenu bon, à peine. Le défi de Clara, le pari stupide, me semblait désormais une folie pure. L'obscurité, cette vieille compagne de mes cauchemars d'enfance dont je n'avais jamais parlé à personne, me serrait la gorge, me rappelant ma vulnérabilité. Le manoir, de jour, déployait une splendeur décrépite, mais sous le voile de la nuit, il se transformait en un labyrinthe d'horreurs tapies. Chaque recoin semblait dissimuler une menace, chaque courant d'air portait la promesse d'une présence. J'avais passé la nuit recroquevillée dans un fauteuil élimé du grand salon, les yeux grands ouverts, scrutant les ténèbres avec une anxiété croissante. Les ombres dansaient, se tordaient, prenaient des formes indistinctes qui s'évanouissaient dès que j'osais les fixer. Les bruits ? Des grincements qui ressemblaient à des pas lourds, des chuchotements à peine audibles qui semblaient s'échapper des murs eux-mêmes. J'avais serré les poings, tenté de me raisonner, de me dire que c'était le vent, les vieilles charpentes qui travaillaient, le fruit de mon imagination trop fertile. Mais au fond de moi, une certitude glaçante grandissait : je n'étais pas seule.

L'aube avait pointé, pâle et timide, projetant une lumière blafarde à travers les fenoux sales. La présence semblait se retirer avec la nuit, laissant derrière elle un silence troublant, presque plus effrayant que les manifestations précédentes. J'avais l'impression d'être observée, même dans la clarté naissante. Chaque objet semblait figé dans une attente silencieuse. La poussière, épaisse, recouvrait tout, transformant les meubles en fantômes de leur ancienne gloire. Le grand lustre de cristal, suspendu au plafond du salon, semblait pleurer des larmes de poussière et de verre brisé. Je me sentais vidée, épuisée par cette nuit d'angoiste, mais surtout, terriblement seule. L'idée de passer une deuxième nuit ici me glaçait le sang. J'avais besoin de voir Léa, de sentir sa présence rassurante, de me raccrocher à la réalité qu'elle représentait.

Alors que je me préparais à affronter le chemin du retour, à trouver une excuse pour ne pas revenir, un bruit de pas distinct résonna dans le hall d'entrée. Pas les craquements familiers du vieux bois, mais des pas assurés, pressés. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Était-ce encore une manifestation ? Ou… ou était-ce Léa ? La porte s'ouvrit avec un grincement moins menaçant que les autres, et la silhouette de ma meilleure amie apparut dans l'encadrement. Elle portait une lampe de poche, un sac à dos négligemment jeté sur une épaule, et son regard était un mélange d'inquiétude et de détermination.

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