Chapter 12
La Trahison
Une trahison au sein du groupe des porteurs éclate, orchestrée par une faction cherchant à s'emparer de leurs pouvoirs. La confiance est brisée, le danger s'intensifie.
Le murmure de la nuit était mon seul confident, une symphonie d'ombres et de silences que je connaissais par cœur. Le campement des autres élus s'étendait devant moi, une constellation de feux vacillants dans l'obscurité. J'étais à l'écart, comme toujours, nichée dans le creux d'un ancien chêne, observant. Cyra dormait, son visage paisible baigné par la lueur d'une petite lanterne qu'elle refusait d'éteindre, persuadée qu'elle éloignait les cauchemars. Elle était la seule étincelle de chaleur dans mon existence, la seule raison pour laquelle je tolérais la présence de ces étrangers.
Ils étaient tous là, les élus. Ignis, le torse musclé dénudé, dormait près des braises, sa respiration profonde comme le grondement d'un orage lointain. Nerea, drapée dans une couverture bleu nuit, reposait près de l'eau, son sommeil aussi calme et profond que l'océan. Gaia, la terre sous ses mains, semblait fondre dans le sol, son sommeil paisible et régulier. Zephyros, même endormi, semblait vibrer d'une énergie contenue, comme un vent prêt à se déchaîner. Silvan, entouré d'une aura de verdure, dormait comme s'il faisait partie de la forêt elle-même. Miasma, à l'abri sous une tente, respirait calmement, l'odeur subtile des herbes médicinales émanant d'elle. Sanguis, dont les yeux semblaient toujours porter le poids du monde, dormait d'un sommeil léger, prêt à se réveiller au moindre bruit. Eros, dont la présence irradiait une chaleur douce, rêvait sans doute de liens et d'unions. Et Mnemos, dont l'esprit semblait toujours en mouvement, dormait d'un sommeil profond, peut-être à explorer les recoins de la mémoire collective.
Et puis, il y avait *lui*. L'homme qui nous avait rassemblés. L'homme qui se faisait appeler Alaric. Il était assis près du feu, son regard perdu dans les flammes, mais je savais qu'il ne dormait pas. Ses yeux ne le faisaient jamais. Ils scrutaient, analysaient, calculaient. Il avait une façon de parler qui apaisait, une aura de confiance qui séduisait. Il avait su trouver les mots justes pour chacun d'entre nous, pour nous faire croire qu'il était notre guide, notre protecteur. Mais je le sentais. Une dissonance, une note fausse dans la mélodie de ses intentions.
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