Chapter 3
Les Premiers Pas de Super-Héros
Léo et Mia décident de devenir des super-héros. Leurs premières missions sont pleines de maladresses et de situations comiques, mais leur bonne volonté est immense.
Léo et Mia étaient assis sur le banc du parc, le soleil d'après-midi caressant leurs visages. Patapouf, le chat de Léo, se prélassait non loin, un amas de fourrure ronronnante qui semblait ignorer le monde entier. C'était juste après la découverte de leurs pouvoirs extraordinaires. Léo pouvait voler, et Mia pouvait disparaître comme par enchantement. Une combinaison qui, en théorie, semblait prête à sauver le monde.
« Alors, » commença Léo, les yeux brillants d'excitation, « on est des super-héros, maintenant ? » Il se dandinait sur le banc, impatient de mettre ses nouvelles capacités à l'épreuve.
Mia, toujours un peu plus réservée, hocha la tête. « Je crois bien. Mais... comment on commence ? On ne peut pas juste sauter dans le ciel et devenir invisibles sans raison. » Elle regarda ses mains, comme si elle s'attendait à ce qu'elles s'évanouissent d'une seconde à l'autre.
« On va trouver quelque chose ! » s'exclama Léo. Il s'imaginait déjà, cape au vent (même s'il n'avait pas de cape), survolant la ville, prêt à secourir des chats coincés dans les arbres ou à retrouver des ballons perdus. « On pourrait commencer par une mission facile. Quelque chose de petit. »
Ils réfléchirent un instant. Le parc était paisible, trop paisible pour des super-héros en herbe. Soudain, une petite fille se mit à pleurer. Sa glace, une merveilleuse boule de fraise, venait de rouler hors de son cornet et atterrissait mollement dans la poussière.
« Oh non ! » s'écria Léo. « C'est notre chance ! »
Mia se leva, un peu nerveuse. « Mais... comment ? Tu ne peux pas voler pour rattraper la glace, elle est déjà tombée. Et si je deviens invisible, la petite fille ne me verra pas. »
Léo réfléchit. « Hmm. Ok. Alors, toi, tu vas te cacher. Juste derrière cet arbuste. Si jamais il y a besoin de... de discrétion. Et moi, je vais... » Il jeta un coup d'œil à l'arbuste. Mia s'y faufila, et en un clin d'œil, elle n'était plus qu'une silhouette floue avant de disparaître complètement. On entendait juste un léger bruissement de feuilles.
Léo s'approcha de la petite fille, qui continuait de sangloter. « Ne pleure pas, petite ! » dit-il d'une voix qu'il espérait très héroïque. « Je vais te trouver une autre glace ! »
Il regarda autour de lui. Les parents de la petite fille étaient en train de chercher leur portefeuille, probablement pour acheter une nouvelle glace. Mais Léo avait une idée. Il avait vu le marchand de glaces un peu plus loin.
« Attends ici ! » lança-t-il, et avant qu'il puisse vraiment réfléchir à la meilleure façon de faire, il prit son élan. Un peu maladroitement, il se souleva du sol. Pas très haut, juste assez pour que ses pieds quittent le gravier. Il vola en zigzaguant à travers les allées du parc, manquant de peu un pigeon et frôlant la branche d'un arbre. Patapouf, qui avait levé la tête à ce moment-là, ouvrit les yeux en grand, puis se remit à dormir, comme si voir son humain voler était la chose la plus normale du monde.
Léo atteignit le marchand de glaces. « Bonjour monsieur ! » cria-t-il, planant à un mètre du sol. Le marchand, un homme rond avec un tablier blanc, le regarda d'un air stupéfait. « Mais... qu'est-ce que... ? »
« J'ai besoin d'une glace à la fraise ! Vite ! C'est pour une urgence ! »
Le marchand, secoué de son étonnement, attrapa un cornet et y mit une boule de fraise. « Tenez, jeune homme. Mais comment... »
« Pas le temps d'expliquer ! » dit Léo, attrapant la glace avec une main tremblante et s'envolant aussi vite qu'il le pouvait, laissant le marchand bouche bée.
Il retourna vers la petite fille. Mia était toujours cachée, observant la scène avec une attention particulière. Léo atterrit avec un léger « Ouf ! » juste à côté de la petite.
« Tiens ! » dit-il en lui tendant la glace.
La petite fille arrêta de pleurer, ses yeux s'écarquillant de surprise. « Une autre glace ? »
« Oui ! C'est un cadeau de... des super-héros du parc ! »
À ce moment-là, Mia sortit de sa cachette, un sourire timide sur les lèvres. « Et moi, j'ai veillé à ce que personne ne vous dérange pendant que le super-héros volait ! » dit-elle en clin d'œil.
La petite fille, ravie, prit sa glace et courut retrouver ses parents, leur racontant à toute vitesse l'histoire du garçon volant et de la super-assistante invisible.
Léo et Mia se regardèrent, un peu essoufflés mais fiers. C'était peut-être une mission simple, mais ils l'avaient réussie.
« Tu vois ? » dit Léo, le cœur battant la chamade. « C'est facile d'être un super-héros ! »
« Pas si facile, » répondit Mia en riant doucement. « J'ai failli me faire mordre par un chien qui passait quand j'étais cachée. Il ne m'a pas vue, mais j'ai eu peur ! »
« Oh. Désolé. » Léo se sentit un peu coupable. Il avait été tellement concentré sur son vol qu'il n'avait pas pensé à la sécurité de Mia. « La prochaine fois, on fera mieux attention. On trouvera des missions où on a vraiment besoin de nous. »
Ils passèrent le reste de l'après-midi à imaginer des scénarios de super-héros. Mia suggéra des missions qui demandaient de la réflexion et de la discrétion, tandis que Léo rêvait d'action et de vols spectaculaires.
« On pourrait s'appeler... Les Gardiens du Ciel et de l'Ombre ! » proposa Léo.
« Ou... Les Justiciers Discrets ! » répondit Mia.
« Trop compliqué, » dit Léo. « On pourrait être... Les Frères et Sœurs du Vent ! »
« Je ne suis pas ta sœur, » fit Mia en riant.
« Bah, on est comme des frères et sœurs ! » rétorqua Léo.
Leur imagination s'emballa. Ils se voyaient sauver des trains en marche (même s'ils n'en avaient jamais vu), arrêter des cambrioleurs (qui devaient être très lents à s'enfuir), et même déjouer des plans machiavéliques de... de méchants qui voulaient voler toutes les couleurs du monde !
Le lendemain matin, alors qu'ils se promenaient en direction de l'école, ils entendirent des cris de panique. Pas des cris de joie, mais des cris de terreur. Les gens couraient dans tous les sens, se bousculaient, pointaient du doigt quelque chose en amont de la rue.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Mia, se rapprochant de Léo.
« On dirait... un chien ? » dit Léo, plissant les yeux.
Et puis, ils le virent. Un chien. Un chien absolument GIGANTESQUE. Il était aussi grand qu'une petite voiture, avec une fourrure hirsute et des yeux qui semblaient effrayés autant qu'effrayants. Il aboyait, un son grave et puissant qui faisait vibrer les vitres des maisons.
« C'est un chien du zoo ! » s'écria un homme qui passait en courant. « Il s'est échappé ! »
Le chien géant, Gromolo, comme ils l'apprendraient plus tard, semblait perdu et terrifié. Il ne cherchait pas à attaquer, mais sa simple présence suffisait à semer la panique. Il reniflait le sol, tournait sur lui-même, et chaque fois qu'il entendait un cri, il donnait un coup de patte maladroit qui faisait trembler le bitume.
Léo et Mia se regardèrent. C'était LA mission. La vraie. Celle qui allait prouver qu'ils étaient de vrais super-héros.
« C'est... c'est un peu plus gros qu'une glace, » murmura Léo, sa voix trahissant une légère appréhension.
« Et il est très, très bruyant, » ajouta Mia, se serrant contre Léo. « Si je deviens invisible, il ne me verra pas, mais les gens vont continuer à avoir peur. Et toi, tu vas voler ? Comment tu vas l'attraper ? Il est énorme ! »
Léo sentit son cœur battre la chamade. C'était effrayant. Vraiment effrayant. Mais il vit la peur dans les yeux des gens, et il pensa à la petite fille et à sa glace. Il pensa qu'il fallait faire quelque chose.
« On va l'attirer, » dit Léo, une idée commençant à germer dans son esprit. « Mia, tu te caches. Mais pas trop loin. Si je te dis, tu fais du bruit pour le distraire. Et moi, je vais voler. Je vais essayer de... de le guider. »
Mia hocha la tête, avalant sa peur. Elle se glissa derrière une poubelle, attendant le signal.
Léo prit une profonde inspiration. Il regarda le chien géant, qui venait de faire tomber une jardinière d'un coup de queue. « Allez, Léo, » se dit-il. Il prit son élan.
Cette fois, il vola plus haut, plus vite. Il s'approcha du chien, qui le regarda d'un air surpris. Léo fit un grand cercle au-dessus de sa tête, essayant d'attirer son attention.
« Hé, gros toutou ! Par ici ! » cria Léo, sa voix tremblant un peu.
Gromolo, intrigué par cet objet volant étrange, se tourna vers Léo. Il poussa un petit grognement, moins effrayant cette fois, plus interrogateur.
« Viens ! Suis-moi ! » Léo vola un peu plus loin, vers le parc, espérant que le chien le suivrait.
Et il le fit ! Lentement d'abord, puis avec plus d'assurance, Gromolo se mit à suivre Léo dans les airs. Les gens sortaient de leurs maisons, regardant la scène avec incrédulité. Un chien géant suivant un garçon volant.
Mais Gromolo était encore effrayé par les bruits de la ville. Il s'arrêta brusquement, donnant un grand coup de tête dans un lampadaire, le faisant vaciller dangereusement.
« Mia ! Maintenant ! » cria Léo.
Mia sortit de sa cachette. Elle se plaça derrière un arbre et commença à faire autant de bruits qu'elle le pouvait : elle tapa dans ses mains, elle siffla, elle fit des bruits de chat qui miaule fort.
Gromolo, distrait par les sons venant de Mia, se tourna dans sa direction. Léo en profita pour voler rapidement devant lui, lui montrant la direction du parc.
« Suis-moi, Gromolo ! »
Le chien hésita un instant, puis, comme s'il avait compris, il trottina derrière Léo, qui volait à basse altitude, le guidant à travers les rues. Mia, invisible, les suivait de près, s'assurant que personne ne s'approchait trop du chien.
Ils arrivèrent enfin devant les portes du zoo. Les gardiens, alertés, attendaient, un filet géant à la main. Léo vola en rond au-dessus de Gromolo, l'encourageant.
« Encore un peu ! Tu y es presque ! »
Gromolo, fatigué et confus, regarda les gardiens. Il sembla reconnaître l'endroit. Il s'approcha doucement, et avec un coup de patte final qui ressemblait à un soupir, il se laissa envelopper dans le filet.
Les gardiens soupirèrent de soulagement. Les gens applaudirent. Léo atterrit en douceur à côté de Mia, leur cœur battant la chamade. Ils avaient réussi. Ils avaient sauvé la ville d'un chien géant effrayant.
« On a été... incroyables, » dit Léo, un grand sourire aux lèvres.
Mia hocha la tête, un peu tremblante. « Oui. Mais j'ai eu tellement peur. Et le chien... il n'avait pas l'air méchant, juste perdu. »
Léo regarda le chien géant, qui était maintenant calmé et regardait autour de lui avec des yeux plus doux. Il réalisa que Mia avait raison. Gromolo n'était pas un monstre, juste un animal perdu.
« Tu sais, » dit Léo, « même si on peut voler et devenir invisibles, le plus important, c'est d'essayer d'aider. Et d'être là l'un pour l'autre. »
Mia sourit. « Oui. Et de ne pas se faire écraser par un chien géant. »
Ils rirent ensemble, une vraie équipe de super-héros, prête pour la prochaine aventure, mais sachant que leur plus grand pouvoir était leur amitié.