Chapter 18
La Clé d'Amina
Amina, surmontant sa peur, se souvient du détail crucial : le vieillard n'a pas disparu, il a été absorbé. Le 'Silence' peut être combattu par la vie, par le souvenir vibrant, par l'espoir retrouvé.
Le soleil cognait sur les toits de tôle ondulée, faisant danser des mirages sur l'asphalte craquelé de la rue. Inspecteur Diallo, le front plissé par une concentration qui avait élu domicile sur son visage depuis des années, observait le vieil immeuble décrépit. Les murs gris, autrefois ornés de fresques vives, étaient désormais maculés de salpêtre et de graffitis oubliés. Une odeur de poussière et de renfermé s'échappait des fenêtres aux volets clos, comme un soupir d'abandon. Il était là, encore une fois, à errer dans les limbes d'une affaire qui le rongeait, une affaire qui avait volé la jeunesse à tant de familles, et qui avait volé la paix à la sienne.
Cela faisait maintenant trente ans. Trente ans depuis cette nuit de fête scolaire, où le rire avait cédé la place à une terreur muette. Cinq cents âmes disparues, volatilisées, comme si la terre les avait englouties dans un gouffre invisible. Le lycée, autrefois temple du savoir et des espoirs, était devenu un monument funéraire, son silence pesant une insulte aux cris étouffés que Diallo imaginait encore résonner dans ses couloirs vides. Les autorités avaient conclu à une tragédie inexplicable, une catastrophe naturelle, une hallucination collective. Mais Diallo, lui, savait. Il savait que quelque chose d'autre s'était passé, quelque chose qui se cachait dans les recoins sombres de la mémoire collective, quelque chose que le pays entier semblait avoir décidé d'oublier.
Il s'approcha de la porte d'entrée, son pas résonnant sur les marches de pierre érodée. La peinture s'écaillait, révélant le bois pourri en dessous. Il avait le sentiment lancinant que la réponse se trouvait quelque part dans ce lieu, ou plutôt, dans ce qui avait précédé sa fermeture. Le vieillard. L'étrange vieillard qui était apparu, comme surgi de nulle part, au milieu de la fête. Personne ne se souvenait de son visage, ni de ses paroles. Juste son passage, tel un courant d'air glacial, avait suffi à tout faire basculer.
Keep reading "La Clé d'Amina"
The full chapter is in the AIBookCraft app — free to read, with your spot saved.
Free on iOS & Android · No signup to read