Chapter 12
L'Admiration Silencieuse
Sofía, quant à elle, est touchée par l'humilité d'Alejandro et sa manière authentique de traiter chacun, un contraste frappant avec le monde qu'elle connaît.
Leurs rencontres dans les jardins royaux devinrent un rituel silencieux, tissé de regards furtifs et de murmures échangés à la dérobée. Pour Alejandro, chaque instant passé en compagnie de Sofía était une bouffée d'air frais, une échappatoire à la cage dorée de sa vie princière. Il l'observait, absorbant la grâce naturelle de ses gestes, la pureté de son sourire. Tandis qu'il lui racontait ses voyages, ses études, les visions qu'il avait pour son royaume, Sofía, elle, se perdait dans l'écoute. Mais son regard ne se focalisait pas uniquement sur les mots du prince. Elle scrutait l'homme derrière le titre, celui qui, malgré son rang élevé, dégageait une aura d'une humilité désarmante.
Sofía voyait Alejandro s'agenouiller pour ramasser une fleur tombée, non pas par devoir, mais par une sorte de respect instinctif pour la nature. Elle le voyait échanger un mot doux avec un vieux jardinier, le regardant droit dans les yeux, sans condescendance ni distance. Elle remarquait la manière dont son visage s'éclairait lorsqu'il parlait de son peuple, de ses espoirs pour un avenir où la justice règnerait. Il n'y avait pas de prétention en lui, aucune de cette arrogance qu'elle avait parfois perçue chez certains visiteurs du palais, ou même chez certains de ses employés de rang supérieur. Il était simplement... bon. Et cette bonté, cette absence de façade, touchait Sofía au plus profond de son être. C'était un trésor caché, une rareté qu'elle s'appropriait avec une gratitude silencieuse.
Elle se surprenait à admirer la façon dont ses mains, habituées aux parchemins et aux objets précieux, savaient pourtant manipuler avec la même délicatesse une brindille effrontée ou une feuille froissée. Il y avait une harmonie dans ses mouvements, une sincérité dans ses expressions qui la désarmaient. Pendant qu'il parlait de réformes, de projets grandioses, Sofía voyait parfois ses yeux s'attarder sur un papillon qui voletait, ou sur le jeu de lumière à travers les feuilles. C'était comme s'il portait en lui une double conscience : celle du prince dévoué à son royaume, et celle de l'homme sensible, attentif aux beautés les plus simples du monde.
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