Chapter 15
L'aveu d'Antoine
Antoine révèle enfin toute son histoire, son rôle dans la protection du secret. Ses remords et son désir de justice le poussent à aider Lilith pleinement.
Les vieilles pierres de la maison de campagne d'Antoine semblaient retenir le souffle, comme moi. La pluie tambourinait sur les tuiles, un chuchotement incessant qui accompagnait le lent déroulement des mots d'Antoine. Il avait longtemps hésité, ses yeux clairs, autrefois vifs, brouillés par le poids des années et des souvenirs. Assis près de la cheminée crépitante, il tenait entre ses mains un verre de vin rouge, le liquide sombre reflétant les flammes dansantes. J'attendais, le cœur battant à un rythme irrégulier, chaque battement résonnant dans le silence tendu.
« Vous voulez savoir, Mademoiselle Moreau, pourquoi je suis resté si longtemps dans l’ombre, pourquoi j’ai laissé faire… » Sa voix, d’abord hésitante, se raffermit peu à peu, portée par une résolution nouvelle, née peut-être de la lassitude ou d’un ultime sursaut de conscience. « J’ai commencé ma carrière à Versailles comme simple jardinier, une dizaine d’années après la mort du Roi Soleil. J’aimais la beauté des jardins, la symétrie, l’ordre. Mais je n’étais pas aveugle. J’entendais les murmures, je voyais les regards fuyants, je sentais les secrets qui imprégnaient chaque recoin du château. »
Il prit une gorgée de vin, ses yeux fixés sur les braises. « J’ai gravi les échelons, lentement, patiemment. J’ai appris à observer, à écouter sans jamais me faire remarquer. C’est ainsi que j’ai rencontré Monsieur Dubois, ou plutôt, qu’il m’a remarqué. Il était déjà un homme important à l'époque, un gardien zélé des traditions et, comme j’ai fini par le comprendre, des silences. »
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