Chapter 5

La Rencontre au Carrefour

Au détour d'une rue brumeuse, Géraldo croise un vieil homme mystérieux. L'homme parle du temps comme d'une rivière et semble connaître le poids de l'horloge.

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La brume s’épaississait à chaque pas, drapant les rues familières d’un voile spectral. Chaque réverbère, d’ordinaire une promesse de chaleur et de clarté, n’était plus qu’une halo fantomatique, une tache de lumière diffuse luttant contre l’humidité ambiante. L’air, lourd et immobile, semblait retenir son souffle, comme s’il craignait de briser le silence qui régnait, un silence étrangement palpable, chargé d’une attente sourde. Mes pas résonnaient sur le pavé humide, un écho solitaire dans cette immensité vaporeuse. Je ne savais pas où j’allais, seulement que je devais continuer, poussé par cette force invisible qui semblait diriger mes pas depuis que l’horloge avait cessé de battre.

C’est alors que je l’ai vu. Ou plutôt, que je l’ai senti. Une présence, là, au milieu de nulle part, comme si le brouillard lui-même s’était condensé pour prendre forme. Un vieil homme, assis sur un banc de pierre érodé, à un carrefour où trois rues se perdaient dans la nuit. Il était drapé dans un long manteau sombre, dont le col remontait haut, dissimulant une partie de son visage. Seuls ses yeux, d’une profondeur insondable, captaient la faible lumière des réverbères, brillant d’une lueur étrange, une lueur qui semblait contenir les étoiles elles-mêmes.

Je me suis approché avec une lenteur hésitante, une intuition me murmurant que cet homme n’était pas un passant ordinaire. Il ne bougeait pas, immobile comme une statue, mais je sentais son regard posé sur moi, un regard qui me traversait, semblant lire les pensées les plus enfouies, les peurs les plus secrètes. Mon cœur battait un rythme irrégulier, un mélange d’appréhension et d’une curiosité dévorante.

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