Chapter 19

La Récompense de la Patience

Après des années d'efforts et de sacrifices, Daniel voit enfin son rêve se réaliser. Les concours qu'il visait sont réussis, ouvrant les portes de l'armée ivoirienne.

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Le soleil caressait les toits de Dababakala, une douce caresse qui semblait bénir ce nouveau jour. Un an s'était écoulé depuis le jour où les mots de Mawa, tranchants comme des éclats de verre, avaient brisé ce qui restait de leur histoire. Un an depuis cette cour où le mépris et l'ingratitude avaient remplacé l'amour qu'il avait si généreusement offert. Daniel, bien qu'encore marqué par la blessure, avait puisé dans cette douleur une force nouvelle, une détermination farouche qui le poussait à avancer, à ne jamais fléchir. L'échec au BEPC, ce fantôme qui avait hanté ses premières années, était désormais une cicatrice, un rappel de la fragilité des rêves, mais surtout, un moteur pour ceux qui venaient après.

Il n'avait cessé de travailler. Les livres étaient devenus ses meilleurs amis, les nuits courtes, sa compagne. Abidjan, la capitale vibrante, avait accueilli son ambition. Les concours, ces portes vers l'armée, étaient devenus son unique horizon. Chaque matin, avant même que le soleil n'ose effleurer l'horizon, il était déjà debout, le corps endolori par les entraînements physiques qu'il s'imposait, l'esprit concentré sur les épreuves écrites. Sa mère, depuis Abidjan, était restée son roc. Ses appels téléphoniques, empreints d'une tendresse infinie, lui rappelaient qu'il n'était pas seul. "Mon fils, ta persévérance est ta plus grande arme," lui disait-elle, sa voix vibrante d'une foi inébranlable en lui. Ces mots, il les gardait précieusement dans son cœur, comme un talisman contre le doute.

Les résultats des premiers concours étaient tombés comme une pluie d'été, rafraîchissante et porteuse d'espoir. Il avait réussi. Pas une, mais plusieurs fois. Les lettres officielles, portant le sceau de l'armée, s'empilaient sur son petit bureau. Chaque en-tête, chaque signature, était une victoire, une preuve que le chemin, bien que semé d'embûches, menait quelque part. Il se revoyait, jeune homme plein d'espoirs, quittant son village, plein de la naïveté de ses dix-sept ans, pour venir à Dababakala. Il revoyait le visage de Mawa, si lumineux alors, et sentait une pointe de tristesse, vite balayée par le sentiment du devoir accompli.

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