Chapter 1
Le Nid Douillet des Dubois
Présentation de hunjin et Félix, deux frères fusionnels, et de leur sœur adoptive, kil. Leur quotidien est empreint de tendresse et de complicité, Clara étant le soleil de leur foyer. Une harmonie apparente règne.
Le soleil filtrait à travers les rideaux de lin, dessinant des arabesques dorées sur le parquet ciré de la chambre. L'odeur du café frais et des croissants chauds flottait dans l'air, promesse d'un matin paisible. Dans la maison des Dubois, chaque journée débutait comme un doux murmure, une symphonie harmonieuse orchestrée par le rire de Clara, le centre de leur univers.
Léo, l'aîné, aux cheveux châtains toujours un peu en bataille et aux yeux d'un bleu profond comme l'océan, était déjà dans la cuisine, le tablier noué autour de sa taille fine. Ses mains, habituellement agiles sur les cordes de sa guitare, manipulaient avec une infinie précaution la cafetière italienne. Il aimait ces instants suspendus, le silence avant que le tumulte joyeux de Clara ne vienne réveiller les murs de leur foyer.
À ses côtés, Max, le cadet, ses boucles sombres encadrant un visage aux traits plus anguleux et aux yeux verts pétillants, étalait la confiture sur une tranche de pain grillé avec une application presque scolaire. Il était le pragmatique, celui qui ancrait les rêves de Léo dans la réalité, mais toujours avec une tendresse infinie pour leur petite sœur. Clara. Le simple son de son nom suffisait à faire naître un sourire sur leurs lèvres.
Elle était arrivée dans leur vie il y a dix ans, une petite boule de détresse aux grands yeux effrayés, arrachée à un passé qu'ils ne connaissaient pas, mais qu'ils avaient juré de faire oublier. Léo et Max, déjà adultes, avaient immédiatement ressenti le besoin de la protéger, de la chérir, de combler le vide laissé par l'absence de leurs parents, partis trop tôt. Clara était devenue leur raison d'être, le fil d'or qui tissait leur existence en un tout indissoluble.
"Elle dort encore, la petite princesse ?" demanda Max, sa voix empreinte d'une douceur paternelle, tout en déposant délicatement la tartine sur une assiette.
Léo haussa les épaules, un sourire tendre aux lèvres. "Elle a eu une grosse journée hier, avec sa présentation à l'école. Laisse-la savourer sa grasse matinée."
Leurs regards se croisèrent, un échange muet qui disait tout de leur complicité, de leur amour fraternel indéfectible. Ils étaient plus que des frères, ils étaient une famille, unie par les liens du sang et par celui, encore plus fort, du cœur.
Soudain, un petit bruit de pas légers annonça l'arrivée tant attendue. Clara apparut sur le seuil de la cuisine, les cheveux emmêlés par le sommeil, un pyjama aux motifs de petites étoiles bleues déformé par sa démarche encore hésitante. Ses yeux, d'un marron noisette profond, balayèrent la pièce avant de se poser sur eux, illuminant son visage d'un sourire timide.
"Bonjour," murmura-t-elle, sa voix encore rauque de sommeil.
"Bonjour, ma belle," répondit Léo, se penchant pour déposer un baiser sur son front. "Bien dormi ?"
"Comme un loir," répondit-elle en s'approchant de la table, son regard pétillant de malice. "Vous avez préparé mon petit déjeuner préféré ?"
"Bien sûr," dit Max, lui tendant l'assiette de tartines. "Confiture de fraises, comme tu aimes."
Clara s'assit et commença à déguster sa tartine avec gourmandise, ses joues s'empourprant légèrement sous le regard attentif de ses frères. Ils aimaient la regarder manger, la voir savourer chaque bouchée, signe qu'elle était heureuse, qu'elle se sentait en sécurité.
"Alors, raconte-nous ta journée d'hier," l'encouragea Léo, s'asseyant en face d'elle. "Ta présentation s'est bien passée ?"
Clara hocha la tête avec enthousiasme. "Oui, j'ai eu une super note ! La prof a dit que j'avais beaucoup de bonnes idées." Elle s'interrompit, sa voix devenant plus douce. "Et après, je suis allée faire un tour au parc avec Chloé. On a parlé de tout et de rien."
Un silence s'installa, un silence confortable, rempli des bruits discrets de la vaisselle et du chant des oiseaux à l'extérieur. Léo et Max échangeaient des regards complices, heureux de voir leur petite sœur épanouie. Ils savaient qu'elle avait traversé des épreuves, mais ils avaient réussi à lui construire un cocon, un lieu où elle pouvait grandir et s'épanouir en toute sérénité.
"Tu as besoin d'aide pour tes devoirs ce soir ?" demanda Max, sa voix empreinte de sollicitude.
Clara secoua la tête. "Non, merci, je pense que ça ira. Mais peut-être que tu pourrais m'aider à choisir ma tenue pour la fête de l'école samedi ?"
"Avec plaisir," répondit Léo, ses yeux pétillant. "On va te trouver la plus belle robe du monde."
La matinée s'écoula ainsi, rythmée par les conversations légères, les éclats de rire et les gestes tendres. Léo et Max, chacun à leur manière, veillaient sur Clara, s'assurant qu'elle ne manquait de rien, qu'elle se sentait aimée et protégée. Ils étaient ses protecteurs, ses guides, ses confidents.
Mais sous cette apparente harmonie, une tension subtile commençait à poindre, une vibration imperceptible qui échappait à la conscience de Clara, mais pas à celle de ses frères. Leurs regards, parfois, s'attardaient un peu trop longuement sur elle, sur la courbe de sa joue, sur la douceur de ses lèvres. Une chaleur nouvelle, une étincelle inattendue, commençait à naître dans leurs cœurs, une étincelle qui leur faisait peur et les attirait en même temps.
Clara, quant à elle, ressentait aussi un changement, une confusion grandissante. L'affection qu'elle portait à ses frères était toujours aussi forte, mais elle se mêlait désormais à d'autres sentiments, plus troubles, plus électriques. Elle aimait la façon dont Léo la regardait, comme si elle était la seule personne au monde. Elle aimait la façon dont Max la taquinait, son sourire espiègle qui la faisait rougir. Elle aimait leurs bras protecteurs qui l'entouraient, leur présence rassurante. Mais ces sentiments commençaient à prendre une autre dimension, une dimension qui la troublait et l'excitait à la fois.
Un après-midi, alors qu'ils étaient tous les trois dans le salon, Clara lisait un livre, lovée sur le canapé entre Léo et Max. La lumière du soleil couchant baignait la pièce d'une douce lueur orangée. Léo passait distraitement la main dans ses cheveux, tandis que Max, assis plus près d'elle, la regardait avec une intensité qui la mettait mal à l'aise.
Soudain, Clara leva la tête de son livre, son regard croisant celui de Max. Un frisson parcourut son échine. Il y avait dans ses yeux une profondeur, une passion qu'elle n'avait jamais vue auparavant. Il la regardait non plus comme une petite sœur, mais comme... autre chose.
Elle détourna vivement le regard, son cœur battant la chamade. Elle sentit la main de Léo s'immobiliser dans ses cheveux. Elle savait qu'il la regardait aussi, qu'il avait senti la tension dans la pièce.
"Tu es fatiguée, Clara ?" demanda Léo, sa voix légèrement plus rauque que d'habitude.
"Non, ça va," répondit-elle, essayant de dissimuler son trouble. Elle se leva brusquement. "Je crois que je vais aller prendre l'air."
Elle sortit sur la terrasse, laissant derrière elle Léo et Max, plongés dans un silence l