Chapter 11

Le Scepticisme des Aînés

Malgré les premiers succès, certains anciens, menés par le chef du village, restent méfiants. Ils voient d'un mauvais œil ces nouvelles pratiques qui s'éloignent des traditions établies.

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La poussière soulevée par les pas des villageois dans la cour du chef semblait moins danser que s'accrocher, lourde et résignée, à l’air immobile. Le soleil de l’après-midi, d’un jaune pâle et fatigué, projetait des ombres courtes et dures sur les visages burinés par le soleil et les soucis. Fatoumata, debout à quelques pas derrière sa grand-mère, sentait son cœur battre un rythme irrégulier contre ses côtes. Elle avait entendu les murmures, les phrases lancées à mi-voix dans les allées du marché, les regards suspicieux qui la suivaient lorsqu'elle se rendait près des cases où les malades commençaient à retrouver un peu de vigueur grâce aux onguents et aux décoctions qu'elle préparait avec tant de soin.

Le chef du village, un homme dont la barbe blanche tombait comme une cascade figée sur sa poitrine, était assis sur un tabouret de bois sculpté, le regard fixé sur Fatoumata. Autour de lui, une dizaine d'anciens, leurs visages empreints d'une gravité solennelle, écoutaient attentivement les paroles du chef. Ces hommes, piliers de la communauté, étaient les gardiens des coutumes, les dépositaires d'une mémoire collective que le temps et les épreuves avaient forgée.

« Fatoumata, » commença le chef, sa voix grave résonnant dans le silence tendu, « nous avons vu. Nous avons vu les malades retrouver des couleurs, les ventres creux se remplir un peu. Le ciel nous a accordé une petite grâce, et tu as semblé être son canal. Pour cela, nous te remercions. »

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