Chapter 7

Le Silence du Père

Le père, souvent discret, observe Léa avec une admiration grandissante. Il voit la force tranquille qui émane d'elle, sa capacité à surmonter les épreuves. Un sourire discret, un regard encourageant, sont ses marques d'approbation.

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Le silence du père était un habitué de la maison. Arnaud se mouvait dans les pièces comme une ombre bienveillante, ses pas feutrés dissimulant une force tranquille qui soutenait les murs de leur foyer. Il travaillait dur, de l'aube au crépuscule, pour que le pain soit sur la table et que les souliers de ses enfants soient bien cirés. Sa présence était une constante, un roc sur lequel tout reposait, mais ses mots étaient rares, comme des perles précieuses qu'il dispensait avec parcimonie. Léa, dans son monde intérieur, avait souvent ressenti ce silence comme une distance supplémentaire, un autre signe de son invisibilité. Mais aujourd'hui, quelque chose avait changé, ou plutôt, quelque chose qu'elle n'avait jamais vu auparavant commençait à se révéler.

Ce soir-là, après un dîner où les conversations avaient fusé entre ses frères et sœurs, animées par Jean, toujours prêt à raconter ses exploits imaginaires, et où Angela, sa mère, avait tenté de maintenir un semblant d'ordre, Léa s'était retirée dans le coin le plus calme du salon. Elle avait pris son carnet et ses crayons, ses compagnons fidèles dans ces moments où le monde extérieur semblait trop bruyant. Ses doigts fins esquissaient les contours d'un oiseau, ses ailes déployées, prêt à s'envoler. Elle n'avait pas remarqué son père lorsqu'il était entré dans la pièce, s'asseyant dans son fauteuil habituel, un journal à la main. Il avait d'abord lu, puis, son regard s'était doucement posé sur sa fille.

Arnaud observait Léa avec une attention renouvelée. Il ne comprenait pas toujours les subtilités de ses jeux, ses moments de rêverie, mais il voyait bien la différence. Il voyait la façon dont elle se retirait, non pas par timidité excessive, mais comme pour se réfugier dans un espace où elle était la seule à décider. Il avait remarqué, depuis quelques semaines, cette lueur nouvelle dans ses yeux, une étincelle qui n'était pas là auparavant. Il avait vu la façon dont elle avait patiemment aidé sa grand-mère à rempoter ses géraniums, parlant doucement aux plantes comme si elles étaient de vieilles amies. Il avait entendu, à demi-mot, sa mère se plaindre du temps que Léa passait à "dessiner des bêtises", mais il avait aussi vu la dernière œuvre de sa fille, une scène de marché colorée, accrochée discrètement au mur de la cuisine, là où Angela ne la voyait pas toujours.

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