Chapter 2

Premiers Indices Troublants

Dans la maison, ils trouvent une poupée ancienne et un journal partiellement brûlé. Heloá utilise sa loupe pour examiner des symboles étranges. Pedro note les détails dans son carnet.

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La poussière dansait dans les rares rayons de soleil qui filtraient à travers les vitres crasseuses de la vieille maison. Chaque pas résonnait dans le silence épais, amplifiant le sentiment d'être les seuls êtres vivants dans ce mausolée de souvenirs oubliés. Heloá, sa petite main serrant instinctivement sa loupe, balayait les alentours d'un regard fébrile, ses boucles sombres rebondissant à chaque mouvement. Pedro, son frère aîné, la suivait de près, son sac à dos semblant un peu trop grand sur ses épaules fines, mais son allure décontractée dissimulait une vigilance de tous les instants.

« Tu es sûre que c'est par ici, Pedro ? » murmura Heloá, sa voix légère se perdant presque dans l'immensité du salon. Un fauteuil défoncé, drapé d'un voile blanc fantomatique, semblait les observer. Des toiles d'araignées pendaient comme des guirlandes macabres, et une odeur de moisi et de bois ancien flottait dans l'air.

Pedro haussa les épaules, un sourire rassurant aux lèvres. « Le vieux monsieur du village a dit que le salon était souvent le point de départ des secrets dans ce genre d'endroits. Et puis, regardons ça. » Il désigna du doigt une tache sombre sur le parquet, là où l'humidité avait laissé sa marque indélébile. « Ça ressemble à… »

Heloá s'approcha, sa loupe déjà à l'œuvre. « … à de la pluie séchée, » conclut-elle, les yeux plissés. « Mais cette maison est vide depuis des années, non ? Comment de la pluie aurait-elle pu entrer ici, de cette façon ? »

Le mystère s'épaississait, et une excitation mêlée d'une pointe d'appréhension parcourut Heloá. C'était exactement pour cela qu'ils étaient là. Pour démêler les fils emmêlés du temps, pour redonner vie aux histoires figées dans ces murs.

Pedro sortit un petit carnet de son sac à dos, le feuilletant pour trouver une page blanche. « Je note ça. ‘Tache d'humidité suspecte dans le salon.’ On ne sait jamais. » Il sortit aussi une petite lampe torche, dont le faisceau joueur balaya les recoins sombres, révélant des objets étranges et oubliés.

L'un d'eux attira immédiatement l'attention de Heloá. Cachée sous une table bancale, comme si elle avait été abandonnée en hâte, gisait une poupée. Pas une poupée moderne, mais une de ces anciennes, avec des yeux de verre fixes et une robe de dentelle jaunie par le temps. Ses cheveux de fil noir semblaient désordonnés, et son visage de porcelaine portait une expression indéchiffrable, un sourire figé qui aurait pu être joyeux ou sinistre, selon l'imagination.

« Oh ! Regarde ça, Pedro ! » s'exclama Heloá, se précipitant vers la poupée. Elle la souleva délicatement, sa loupe déjà braquée sur les détails. « Elle est… elle est vraiment vieille. Et regarde ses yeux ! Ils semblent me suivre. »

Pedro s'approcha, un souffle coupé. Il y avait quelque chose d'étrange dans cette poupée, une aura de mélancolie et de secrets enfouis. « Elle est un peu effrayante, non ? On dirait qu'elle a vu des choses. »

Heloá secoua la tête, déterminée. « Elle a juste besoin qu'on la comprenne. » Elle tourna la poupée, examinant sa robe. « Il y a des symboles brodés ici, sur le devant. Tu vois ? »

Pedro pencha la tête. Effectivement, sur la poitrine de la poupée, des fils de coton effilochés formaient des motifs étranges, des spirales entrelacées, des points disposés en constellations inconnues. « On dirait des hiéroglyphes. Des symboles anciens. »

« C'est ça ! » s'écria Heloá, ses yeux brillants d'excitation. « Ils ne ressemblent à rien de ce que j'ai vu dans mes livres. Ils sont uniques. » Elle sortit un petit carnet de poche, similaire à celui de Pedro, et commença à dessiner les symboles avec minutie, sa main tremblant légèrement d'émotion.

Alors qu'elle était absorbée par son dessin, Pedro remarqua quelque chose d'autre, à moitié dissimulé sous le fauteuil défoncé. Un livre. Ou plutôt, ce qu'il en restait. Il s'approcha avec précaution, le soulevant. Le cuir était craquelé, les pages jaunies et fragiles. Le pire, c'était qu'une grande partie du livre semblait avoir été brûlée. Des bords noircis, des traces de cendres collées aux pages, et une odeur âcre de fumée qui persistait malgré le temps.

« Un journal, je crois », dit Pedro, sa voix plus grave. « Mais il est en très mauvais état. » Il essaya de tourner une page, mais celle-ci se déchira presque sous ses doigts. « On dirait qu'il a été intentionnellement brûlé. »

Heloá laissa tomber sa loupe sur la table, son attention captivée par la découverte de son frère. « Un journal ? Oh, Pedro, s'il te plaît, regarde ce qu'il y a dedans ! »

Pedro s'assit par terre, posant le livre sur ses genoux avec une extrême délicatesse. Il alluma sa lampe torche, dirigeant le faisceau sur les pages restantes. La plupart étaient illisibles, réduites à des cendres noires. Mais par intermittence, quelques mots ou des fragments de phrases apparaissaient, comme des fantômes échappés des flammes.

« ‘… le jardin… les roses… elles ne fleurissent plus… depuis…’ » lut Pedro lentement, déchiffrant tant bien que mal l'écriture tremblante. « Il y a des dates… mais elles sont effacées. Et puis, des dessins… »

Heloá se pencha, sa loupe à nouveau en action. Elle pointait vers des croquis maladroits mais expressifs : une maison, un arbre décharné, une silhouette se tenant à l'écart, le visage caché par une ombre. Et puis, il y avait ces mêmes symboles étranges que ceux brodés sur la robe de la poupée.

« C'est la même chose ! » s'écria Heloá. « Les symboles ! Ils sont ici aussi ! » Elle effleura la page du bout des doigts, comme pour s'assurer qu'ils étaient bien réels. « Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? »

Pedro continua son exploration, le cœur battant la chamade. Il était fasciné, mais aussi un peu inquiet. Ce journal et cette poupée semblaient liés, comme deux pièces d'un puzzle dont il était difficile de deviner l'image finale.

« Il y a une autre partie qui parle de… » Pedro hésita, le souffle court. « … de ‘la gardienne’. ‘La gardienne veille, et son regard ne nous quittera jamais.’ C'est écrit juste là. Et juste après, il y a un dessin… d'un œil. Un œil très grand. »

Heloá frissonna. Elle repensa à la poupée, à ses yeux de verre qui semblaient la fixer. « La gardienne… Est-ce que ce serait la poupée ? »

« Peut-être », répondit Pedro, son regard balayant la pièce comme s'il cherchait cette mystérieuse gardienne. « Ou peut-être que c'est autre chose. Quelque chose qui surveille la maison. »

Il essaya de tourner une autre page, celle-ci semblait moins brûlée. Mais au moment où il la touchait, un bruit sourd résonna dans l'étage supérieur de la maison. Un grattement. Lent, répétitif.

Les deux enfants se figèrent. Leurs yeux se rencontrèrent, remplis d'une peur soudaine et palpable. Heloá serra sa loupe si fort que ses jointures devinrent blanches. Pedro sentit une sueur froide couler le long de sa colonne vertébrale.

« Qu'est-ce que c'était ? » murmura Heloá, sa voix à peine audible.

Pedro tenta de garder son calme. « Probablement juste le vent. Ou un animal. » Mais sa voix manquait de conviction. Ce bruit n'avait rien de naturel. Il était trop régulier, trop… délibéré.

Le grattement reprit, cette fois plus fort, plus proche. Il semblait venir de la pièce au-dessus de leur tête. Un son métallique, comme si quelque chose était traîné sur le sol.

Heloá attrapa la manche de Pedro, sa prise ferme. « Pedro, j'ai peur. »

Pedro sentit son cœur se serrer. Sa sœur avait peur, et c'était sa responsabilité de la protéger. « Ne t'inquiète pas, Heloá. On est ensemble. » Il la serra contre lui, sa petite main dans la sienne. « On va aller voir. »

Il hésita une fraction de seconde. Le journal, la poupée, les symboles… tout cela était fascinant, mais la sécurité de sa sœur passait avant tout. Pourtant, il savait qu'ils ne pouvaient pas reculer maintenant. Le mystère les appelait, et cette fois, il semblait qu'il se manifestait de manière bien plus concrète.

Ils se levèrent lentement, leurs sens en alerte maximale. Pedro alluma sa lampe torche, son faisceau tremblant légèrement. Ils se dirigèrent vers la porte du salon, hésitant à ouvrir la porte qui menait au couloir sombre d'où semblait provenir le bruit.

« Tu crois que c'est… quelqu'un ? » demanda Heloá, les yeux rivés sur la porte.

Pedro la serra plus fort. « On va le découvrir. Mais on reste collés, d'accord ? Tu ne me lâches pas. »

Il ouvrit la porte du salon avec précaution. Le couloir était plongé dans une obscurité presque totale, seulement percée par le maigre faisceau de la lampe torche. Le grattement s'était arrêté. Un silence encore plus pesant s'était installé, un silence qui semblait attendre.

Heloá, malgré sa peur, ne lâchait pas sa loupe. Ses yeux sombres scrutaient l'obscurité, cherchant le moindre détail, la moindre anomalie. Pedro, son carnet et sa lampe torche en main, se tenait prêt, le regard fixé sur le fond du couloir. L'aventure prenait une tournure décidément plus sombre, et les premiers indices troublants ne faisaient que présager des découvertes encore plus mystérieuses, et peut-être plus dangereuses. Le mystère de la vieille maison ne faisait que commencer à se dévoiler, et la dupla de la découverte était au cœur de son énigme la plus profonde.

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