Dans le couloir étroit, la lumière vacillante des néons accentuait la pâleur du visage d’Elara. Le Dr. Thorne, encore tendu, resta immobile un instant, scrutant ses yeux. Il y lut une fatigue profonde, mais aussi une détermination rare. L’artefact, sombre et lisse, reposait au creux de sa paume, captant la moindre lueur avec une gourmandise métallique.
Il sentit, sans comprendre, que cet objet était la clé de tout ce qu’il avait cherché. Les murs du laboratoire semblaient rétrécir autour d’eux ; les alarmes, dehors, se mêlaient aux battements précipités de son cœur. Sans mot dire, il fit signe à Elara de le suivre vers la porte dérobée du bâtiment, de plus en plus conscient du danger qui rôdait dehors. Elle hocha la tête, le regard fixé à la fois sur lui et sur un point invisible, plus loin dans le futur.
Leur progression dans les couloirs fut silencieuse. Seuls leurs pas résonnaient, absorbés par le béton. Thorne aperçut à travers la baie vitrée le ciel nocturne, zébré d’éclairs lointains. Il pensa à Lena, à Silas — les autres noms du message — qui devaient maintenant ressentir la même urgence. D’un geste, il écarta une pile de dossiers pour révéler un escalier de service. "Par ici", murmura-t-il. L’instinct de fuite s’imposait, mais quelque chose, entre eux, retenait un frisson d’excitation.
Dans l’escalier, Elara posa une main légère sur son bras, le forçant à s’arrêter. "Ce qui suit pourrait changer tout ce que nous croyons savoir. Êtes-vous prêt à voir autrement, Docteur ?" Sa voix portait une gravité nouvelle. Thorne baissa les yeux sur l’artefact. Il sentit un courant tendre naître entre eux, une connivence fragile qui ne demandait qu’à se renforcer. Un désir de confiance, et plus encore, vibrait dans l’air chargé d’électricité.
À cet instant, la porte résonna d’un coup sec. Quelqu’un descendait le couloir, lourdement. Thorne échangea un long regard avec Elara ; il lut dans ses yeux la peur et la résolution. Sans réfléchir, il se rapprocha, leurs visages à quelques centimètres. Le souffle d’Elara caressa sa joue, et il sentit sa main se glisser dans la sienne, chaude et ferme. La tension entre eux était palpable, suspendue, comme une note dissonante qui cherche sa résolution.
Un autre coup résonna, plus proche. À travers la mince fente de l’escalier, une ombre s’étira, inquiétante. Elara serra l’artefact contre sa poitrine, tandis que Thorne sortait lentement son arme. Un silence oppressant s’installa, brisé seulement par un murmure : "Je ne vous laisserai pas seul, quoi qu’il arrive."
Quand la poignée de la porte commença à tourner, ils comprirent que le choix du prochain geste pouvait tout bouleverser.
